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Les normes sociales à l’épreuve d’une catastrophe

C’est parce que nos sociétés parviennent à répondre à la plupart de nos besoins que les relations entre individus sont tempérées par la politesse, la civilité, les normes. Coupez l’eau et l’électricité à Paris, bloquez les approvisionnements en nourriture, et la civilisation dans la capitale ne tiendra pas bien longtemps. La loi du plus fort va s’imposer d’elle-même, chacun cherchant à survivre. À tout prix.
Ce retour à des instincts premiers se manifeste à travers des évènements hors du commun : catastrophes, guerres, tremblements de terre… les situations dans lesquelles l’Homme se fait animal sont nombreuses. Et lorsque notre cerveau reptilien prend le dessus, ce n’est guère plus les relations sociales qui priment, mais bien la satisfaction de nos besoins primaires et le déclenchement de notre instinct de conservation et de défense.
À ce sujet, le magazine Time a publié un article, en comparant deux célèbres naufrages : le Titanic et le Lusitania. Selon des spécialistes en économie comportementale, la théorie veut que les voyageurs les plus riches aient plus de chances de s’en sortir que les voyageurs pauvres. Logique, les moyens et la stature sociale des premiers les favorisent inévitablement lors d’une évacuation. Au détriment des voyageurs en deuxième ou troisième classe.
Or lorsqu’un drame survient, en l’occurrence un naufrage, les comportements des hommes changent radicalement. Les chercheurs expliquent que dans un cas comme dans l’autre, les normes ont disparu très rapidement pour faire place à un impératif absolu : survivre. Toutefois, si chacun a fonctionné avec son cerveau reptilien, quelques différentes notables existent entre les deux drames. Et l’une d’entre elles est liée à la vitesse du naufrage du navire.
Le Time explique que le Listania a coulé rapidement, ce qui a empêché la réapparition d’une quelconque norme sociale entre les individus. En revanche, le Titanic a mis beaucoup plus de temps pour sombre – plusieurs heures. Selon l’équipe de recherche, après la phase de panique qui entraine une réaction instinctive pour s’en sortir, les comportements sociaux finissent par s’imposer à nouveau. Entre 18 minutes et 2 heures après l’arrivée d’une catastrophe.
Photo : Anti-capitalism color – Domaine public Wikimedia Commons
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Tahir-ul-Qadri, l’homme qui lança une fatwa… contre Al-qaida

L’évènement est suffisamment rare pour être souligné. Tahir ul Qadri, un théologien musulman, a publié une fatwa contre le terrorisme et les attentats suicides. En quelques mots, une fatwa est un avis juridique rendu par un spécialiste de la loi islamique (la fameuse charia) sur une question particulière ou un problème bien spécifique. La plupart du temps, cela vise donc à éclaircir une jurisprudence islamique peu claire.
En Occident, la vision de la fatwa est essentiellement négative. Et pour cause, la plus connue d’entre elles est sans aucun doute celle qui appelle à l’exécution pure et simple de Salman Rushdie, l’auteur des Versets sataniques. Forcément, devant l’aspect extrême de la mesure, difficile de ne pas manifester un enthousiasme débordant. Pour autant, les fatwas n’ont pas nécessairement vocation à condamner : elles peuvent porter sur tout un tas de sujets. Seulement, ils arrivent que certains excités émettent des fatwas sans en avoir l’autorité.
Et tandis que certains balancent des « avis juridiques » à tort et à travers, Tahir ul Qadri a manifestement étayé le sien : selon la BBC, l’érudit a publié un document de 600 pages motivant sa décision, rejetant l’idéologie d’Al-qaida et son recours à la violence. L’organisation est même qualifiée de « vieux diable avec un nouveau nom« . Tahir ul Qadri regrette même que l’organisation n’ait pas trouvé une résistance plus farouche de la communauté musulmane.
Dans son avis, Tahir ul Qadri souligne que l’islam interdit le massacre des innocents et les attentats suicides. Or depuis 2001, Al-qaida (et ceux qui s’en revendiquent usent et abusent de cette tactique de guérilla, en oubliant complètement la population. « Les terroristes ne peuvent pas prétendre que leurs attentats suicides sont des opérations martyres et qu’ils deviendront des héros de l’Umma (la communauté musulmane). Non ils seront des héros de l’enfer » a-t-il notamment déclaré. « Il n’y a aucune place pour les martyrs et leurs actes ne seront jamais considérés comme étant le jihad« .
Selon la BBC, ce n’est pas la première fois que des fatwas condamnent ainsi les pratiques des terroristes se revendiquant de l’islam. Lors des attentats de Londres, le 7 juillet 2005, un avis religieux de ce genre fut émis. Reste que la condamnation argumentée de l’idéologie d’Al-qaida sur une base religieuse ait – c’est à espérer – un impact positif sur la communauté musulmane.
Photo : Shaykh ul Islam Dr. Muhammad Tahir ul Qadri – CC BY-SA Minhajian
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Internet, c’est sympa.

Ils ont beau nous rabâcher à longueur de journée qu’Internet est à la fois le meilleur et le pire, jusqu’à présent les membres de la majorité se sont surtout employés à peindre un tableau particulièrement sombre du réseau des réseaux : pédo-pornographie, terrorisme, escroquerie, usurpation d’identité, piratage, vol de propriété intellectuelle. La liste est longue !
Certes, il y a quelques rares exceptions, comme le député UMP Lionel Tardy. Celui-ci a eu une véritable démarche parlementaire, en développant des arguments à la fois techniques et juridiques contre le principe de la riposte graduée. Il n’a pas eu ce comportement moutonnier qu’adoptent parfois de nombreux députés godillots (de gauche comme de droite d’ailleurs).
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Photo : I </3 Hadopi – CC BY-SA Sunfox
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Haïti : qui donne quoi ?

Earthquake in Haiti – CC BY-NC-SA American Red Cross
150 000 morts officiels, mais sans doute un bilan réel beaucoup plus lourd, avec un nombre avoisinant voire dépassant les 200 000 décès. Voilà le chiffre que l’on peut retenir du tremblement de terre qui a frappé Haïti le 12 janvier dernier. Un nombre qui prend sans doute tout son sens lorsqu’on le compare à un autre drame, de nature humaine cette fois : le séisme aura emporté plus de personnes que les deux bombardements atomiques lors de la seconde guerre mondiale.
Devant un séisme d’une magnitude de 7,3 sur l’échelle de Richter, la communauté internationale ne pouvait décemment pas rester les bras croisées. Une aide importante est arrivée des quatre coins du globe, afin de sauver les rares rescapés des décombres (plus de 130 personnes ont été sauvées pour l’instant), et pallier au plus urgent : la famine et les soins d’urgence.
Pour comprendre qui a donné quoi, Information is Beautiful a – comme à son habitude – réalisé un graphique très pertinent pour le Guardian qui permet à chacun de savoir qui a donné quoi pour Haïti. De plus, les dons sont comparés à d’autres catastrophes ayant engendré des mouvements de solidarité similaires.
Je vous invite également à prendre connaissance des clichés regroupés (et 1, 2, 3) par The Big Picture (notez bien que certaines images sont difficiles), afin de donner un visage humain à la tragédie et ne pas uniquement la voir à travers le prisme des statistiques et des chiffres. Qui sait, peut-être que vous allez vous laisser convaincre par un don ;-) ?
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Ce que censure la Chine sur Internet

What Does China Censor Online ? – CC BY-NC David McCandless
Une infographie intéressante des termes et sites web censurés sur Internet par les autorités chinoises. Les données recensées sont disponibles sur ce document.
Du pur contrôle de l’information…
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Nom de Dieu de bordel de merde

Blasphemy – CC BY-NC-SA mjkeliher
La scène se passe un soir, dans un pub dublinois. Vous alliez trinquer aux beautés du Connemara et aux mânes de James Joyce quand patatras, la pinte de stout glisse des mains du serveur. Le contenu vous éclabousse, le contenant se brise et le très laïc français que vous êtes pousse un «Nom de Dieu de bordel de merde» au lieu d’un «sept ans de malheur». Eh bien depuis le 1er janvier 2010, vous risquez de régler une amende de 25.000 euros. Addition très salée pour une bière pas même consommée, et surtout un mot malheureux. Mais ainsi va la volonté du législateur, à défaut de connaître celle de Dieu. Ce qui devait être un simple remaniement du droit de la presse irlandais à la faveur d’une loi sur la diffamation a abouti à l’instauration d’un délit de blasphème douloureux pour le portefeuille.
[...]
La liberté du fidèle primerait-elle un jour sur une liberté d’expression dont l’un des prédicats est aussi le droit à l’incroyance? L’éternel débat penche aujourd’hui dangereusement. Sans le vouloir, la loi irlandaise vient conforter les régimes théocratiques les plus répressifs. Lesquels auront beau jeu de rétorquer à tout moment aux protestations internationales contre le châtiment d’un blasphème: «Pas d’ingérence. Vous faites pareil!»
Benoît Hervieu, Reporters sans frontières, Irlande : la loi sur le blasphème conforte l’extrémisme religieux – Slate
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Suicide Life

Fatal Tragedy, Beyond This Life – CC BY-NC-ND !borghetti
Toutes les sociétés ne réagissent pas de la même façon vis-à-vis du suicide. Si certains pays sont peu touchés par le phénomène, d’autres en revanche atteignent des niveaux de passage à l’acte plutôt inquiétants. Or, les statistiques disponibles sur ChartsBin donnent une vision globale du suicide à travers le monde, même si les données de nombreux pays ne sont pas disponibles.
À l’échelle mondiale donc, on apprend donc que le taux de suicide est de 10,07 pour 100 000 individus. Du côté des pays sud-américains à faible risque, on retrouve le Mexique, le Brésil, la Colombie ou encore l’Argentine, avec un taux sous la barre des 10 pour 100 000. En Europe, c’est le trio Royaume-Uni, Espagne et Italie. Même un pays comme le Zimbabwe, pourtant traversé par d’importantes difficultés politiques et économiques, les gens ne se résignent pas (trop) à mettre fin à leur jour.
En revanche, la Suisse, la France et la Finlande sont assez impactés par le suicide. Sur l’ensemble des les pays développés, c’est le Japon qui connait le taux le plus élevé. Une situation qui peut sans doute s’expliquer par la longue tradition du suicide rituel (seppuku) qui a accompagné l’histoire du pays, même si les motivations pour en finir ne sont pas nécessairement les mêmes qu’à l’époque féodale. Juste après le pays du Soleil Levant, on retrouve la Rusie et la Biélorussie.
S’il faudrait sans doute avoir des chiffres sur plusieurs années, on remarquera qu’à première vue le phénomène du suicide est indépendant de la richesse ou de la localisation géographique d’un État. Cependant, les informations publiées sur ChartsBin ne précisent pas si une catégorie de la population dans un pays donné sera plus exposée. Selon le site, un million de personnes en finissent chaque année, au rythme moyen d’un mort toutes les 40 secondes. Les femmes ont une tendance plus marquée au suicide, tandis que les hommes ont une meilleure chance d’y parvenir.
Typiquement un billet qui met de bonne humeur.
Bonne fin de journée !
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