Le geek est mort.

I'm not a geek...
I’m not a geek... – CC BY-SA girlgeek

Le geek, figure de la sous-culture était devenue [...] une véritable icône pop, il n’est désormais réduit qu’à ses choix de consommation.
Banalisé jusqu’à la saturation, le terme peut être utilisé pour parler de tout le monde et donc de personne. Le geek n’est plus.

- Easywriter, Le geek est mort.

Ainsi le geek est mort. Cause du décès, l’entrée de sa définition dans le dictionnaire Larousse. Une page se tourne donc, puisque le stéréotype décrivant une personne passionnée, obsédée, par un domaine informatique n’a plus de contours flous. Et surtout, il s’institutionnalise. Si on peut sans doute saluer l’arrivée officielle du terme dans le dictionnaire, on reste pantois devant la pauvreté de la définition : « personne passionnée par les technologies de l’information et de la communication, en particulier par Internet« .

Où sont donc les références d’un individu passionné de sciences, de super-héros, de jeu vidéo, de jeux de rôle, de l’univers fantastique littéraire et/ou cinématographique ? Le geek n’est réduit qu’à un consommateur frénétique, qu’à un acheteur compulsif de gadgets technos, se persuadant qu’en achetant le dernier mobile ou du dernier laptop à la mode, cela légitime son appartenance à cette sous-culture (dans le sens noble du terme, j’entends). En fait, c’est plus une mode désormais, un outil marketing pour faire du chiffre. Le geek, c’est un débat sans fin. Chacun a sa petite définition, ses références et ses exemples. Le geek est un vrai polymorphe !

En aparté, je ne peux m’empêcher de penser aux passionnés de culture japonaise se revendiquant d’authentiques otakus. Je suis pas certains que tous ont bien compris que c’était un terme péjoratif et non une fierté à laquelle on pouvait s’accrocher pour briller parmi ses pairs. Au Japon, les otakus sont des marginaux, échappant au réel en reconstruisant leur propre univers (lire à ce sujet Les enfants du virtuel, d’Etienne Barral). Une vie par procuration, un peu comme les no-lifes dans le domaine des jeux vidéo. C’est un peu la même chose avec les geeks ; ils n’ont jamais été bien perçus dans la société. Et maintenant, voilà qu’on en fait une tendance =O. Tiens, dans l’univers des blogs par exemple : ça en regorge ! Combien d’espaces persos s’en revendiquent ? On pourrait en faire un sacré listing.

Mais peut-être est-ce le mouvement qui évolue, sans que je m’en rende bien compte. Allez savoir.

Enfin, je vous invite à regarder Suck my geek, un documentaire de 48 minutes réalisé par Tristan Schulmann et Xavier Sayanoff. Un reportage fascinant sur le mouvement geek, ses différentes faces (de la science-fiction en passant par l’informatique, sans oublier les super-héros ou la culture japonaise !) et sa philosophie. Parfois un peu déroutant,, surtout lorsqu’on voit un bonhomme débouler en tenue de Spider-Man ou un mec qui entretient une passion pour tel ou tel sujet, ce reportage est une bonne occasion de démystifier l’archétype du geek, associable, scotché devant son écran d’ordinateur. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, il entretient aussi une vie sociale, parfois plus riche et plus authentique que beaucoup d’autres.

5 Comments

  1. C’est marrant, je l’ai revu hier soir et je pensais justement faire un article mais tu as dû espionner mon esprit durant la nuit pour me piquer mon idée !

    Un documentaire vraiment réaliste et qui montre d’un point de vue objectif la plupart des aspects de la culture geek. Exit TF1 et ses joueurs de counter strike sniper ou ses joueurs de plateaux experts en assassinat à l’arme blanche. Ici on est des Geek et on l’assume. Il y a des bon et des mauvais aspects de cet art de vivre et vous pourrez les découvrir tout au long de ces 48 passionnantes minutes.

    A voir et à revoir.

  2. N’hésite pas à faire ton billet sur le sujet, j’ai traité la question très superficiellement en fait, en rebondissant sur le billet d’Easywriter :). J’étais pas parti pour parler du documentaire, mais en vérifiant dans mes archives, j’avais remarqué que je n’en avais jamais parlé… c’était l’occasion ou jamais =D.

  3. Waz says:

    Si ça les amuse d’essayer de qualifier un phénomène qu’ils ne comprennent absolument pas, laissons-les faire.

    Cela nous permettra de nous payer une bonne tranche de rire quand nous verrons des ignorants se revendiquer « geeks » sur la base de cette définition autistique (Coucou Mr le Premier Sinistre).

    Pour ma part, je retourne dans mon coin, je suis geek/otaku/rôliste/gamer, je te parle pas de mon status :p

  4. claudeee says:

    bonjour
    c’est pas nouveau comme truc….
    mais je trouve cela drôle
    http://www.innergeek.us/francais.html :)

  5. @Waz : exact, le Premier ministre est plutôt technophile que geek =D ;

    @claudeee : ah oui, effectivement c’est pas tout jeune ! Je l’avais fait il y a quelques années de cela !

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