F*** you !

Fuck you
Fuck you – CC BY-NC-ND Rasec

Tiens, je vais râler un peu.

S’il y a bien une chose qui m’agace, ce sont les radios qui osent diffuser des morceaux censurés. Ce matin, je parcourais la bande-FM à la recherche d’un peu de musique, lorsque je suis tombé sur un des titres phares de la jeune chanteuse britannique Lily Allen. Je ne sais plus exactement si j’étais sur RFM ou Évasion, toujours est-il que c’était Fuck you qui était à l’antenne. Ou plutôt F*** you, devrais-je dire.

À quoi bon diffuser un titre dont l’essence du titre est complétement passée à la trappe ? Certes, c’est grossier. D’accord, c’est déplacé. Mais enfin, tout le sel de sa chanson réside dans ces propos tout sauf élégants, mais qui sont le cœur du titre. D’ailleurs, c’est le titre. À la limite, on aurait caviardé une grossièreté perdue au milieu du dernier couplet… bon (et encore !). Or là, c’est toute la chanson qui est massacrée, pour des raisons qui m’échappent

On m’objectera sans doute que les auditeurs de ces chaînes de radio ne sont pas tous majeurs, obligeant les responsables de la programmation à faire quelques aménagements artistiques. D’accord, mais je ne suis pas certain qu’à 7h30 du matin, beaucoup de petites têtes blondes écoutent la radio. Surtout ces deux-là. D’ailleurs Je vais m’avancer un peu, mais j’imagine plutôt les adolescents se brancher sur Skyrock, NRJ ou Fun Radio. Et puis, quel ado ne connait pas le plein sens de fuck you ?

Et là, j’ai pris l’exemple de Lily Allen, mais nous pourrions trouver des dizaines d’exemples musicaux qui subissent quotidiennement ces diffusions émasculées ou qui pourraient être susceptibles de l’être. Surtout dans la musique « urbaine », particulièrement appréciée par les DJ amateurs du fond du bus ;-). Peut-être suis-je en train de m’emporter pour pas grand-chose. Nous n’en sommes pas non plus au niveau de l’affaire Orelsan, mais quand même.

Ce problème peut également se retrouver dans d’autres formes d’art. J’ai en tête cette fameuse sculpture de Rodin, Le Baiser. Comme l’a souligné l’anthropologue Alan Macfarlane, pourquoi au pays des estampes [aka le Japon] qui ne cachent rien, cette œuvre a-t-elle été exposée voilée ? Si Lily Allen n’est évidemment pas Rodin, c’est exactement le même problème. Doit-on dénaturer une œuvre d’art pour ne pas bousculer la sensibilité de certains ?

Regrettable !

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