Le déclin du peer-to-peer a-t-il commencé ?

French Senate, Main Assembly Hall
French Senate, Main Assembly Hall – CC BY-NC Feuillu

Le peer-to-peer est-il en perte de vitesse ? Une étude récente d’Arbor Networks affirme que le trafic mondial sur les réseaux d’échange s’est cassé la figure en à peine deux ans. Les échanges peer-to-peer, qui représentait pas moins de 40 % du trafic mondial en 2007, ont diminué de moitié, à 18 % cette année. L’analyse s’est nourrie des informations collectées via 110 fournisseurs d’accès Internet et 3 000 routeurs, représentant pas moins de 264 exaoctets de trafic (un exaoctet équivaut à un milliard de gigaoctets).

Doit-on en conclure que les échanges n’ont plus la côte sur le web ? Pas du tout. Les usages ont simplement muté. L’émergence de plates-formes de streaming audio (Deezer, Jiwa, Spotify…) ou vidéo (YouTube, Dailymotion, Hulu…), les services de stockage (RapidShare, MegaUpload, MediaFire) ont contribué à cette profonde mutation.

Une information pour le moins ironique, à l’heure où le gouvernement français propose une seule et même réponse d’autiste : la loi Hadopi. Celle-ci ne servira visiblement à rien, dans la mesure où les internautes passent déjà à autre chose et parce qu’elle ne traite finalement que des échanges illégaux sur les réseaux P2P. Récupérer l’adresse IP, qui devait être LA pièce maitresse de tout le système, ne sera pas possible dans ces nouveaux cas de figure, notamment parce que la LCEN protège le statut d’hébergeur. Et donc, l’abonné ne pourra pas être inquété.

« Gouverner, c’est prévoir » notait Émile de Girdardin. Mauvaise gouvernance, mauvaise prévision.

1 Comment

  1. okrum says:

    Bien d’accord ! Super article.

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