Profile Watch contrôle la confidentialité de votre profil Facebook

C’est vrai, Facebook est un chouette service. On y retrouve ses amis, on partage ses passions, ses activités et ses pensées. On peut s’inscrire sur des groupes plus ou moins sérieux, plus ou moins amusants. Bref, le réseau social fondé il y a quelques années est la démonstration imparable que le web social est la principale préoccupation des internautes (sinon, MSN Messenger, MySpace et compagnie n’auraient pas rencontré un tel succès).

Facebook est donc un chouette service. Mais c’est peut-être aussi son plus gros problème. Le succès allant, le réseau social a dû faire face à des défis techniques variés, acquérir des serveurs, acheter de la bande-passante. Et, évidemment, tout cela n’est pas gratuit. Facebook cherche des sources financières pour croitre et devenir rentable. Or, cette logique est délicate lorsque le cœur de métier repose sur l’hébergement de données personnelles et d’informations privées. Si aux États-Unis, le business du « privacy » est davantage toléré qu’en Europe, Mark Zuckerberg semble oublier que son outil concerne des individus éparpillés aux quatre coins du monde. Et tout le monde ne souhaite pas voir ses informations personnelles être dispersées aux quatre vents.

Évidemment, la réponse souvent entendue dans cette situation est la suivante : « si Facebook ne te convient plus, pourquoi diable restes-tu dessus ? Tu n’as qu’à désactiver ton compte et partir !« . C’est vrai, ce serait la méthode la plus expéditive. Pourtant, je ne vois absolument pas pourquoi ce serait aux utilisateurs de reculer face aux (nombreux) changements de cap du réseau social. Surtout que, comme tout site né des UGC (User Generated Content – Contenus générés par l’utilisateur), Facebook n’existerait tout simplement pas sans les publications et les créations des membres. Ou alors, le site serait bien vide, bien creux (d’aucuns diront qu’il l’est déjà !).

L’inquiétude autour du respect de la vie privée n’est pas nouvelle. Récemment, Kurt Opsahl, de l’Electronic Frontier Foundation, a fait une chronologie très pertinente sur l’évolution autour de la confidentialité des données. Ainsi, en 2005, Facebook expliquait qu’ »aucune information personnelle soumise à Thefacebook ne sera accessible aux utilisateurs du site web, sauf s’il appartient à  au moins l’un des groupes que vous avez spécifié dans vos réglages de confidentialité« .

Une politique de la vie privée plutôt convenable, non ? Maintenant, regardons la version du mois d’avril 2010. La version actuelle, donc. « Lorsque vous vous connectez à une application ou un site web, elle ou il aura accès à vos informations générales. Le terme informations générales désigne votre nom et ceux de vos amis, vos photos de profil, votre sexe, vos identifiants d’utilisateur, connexions et n’importe quel contenu partagé avec le réglage de confidentialité « Tout le monde ». Le paramétrage par défaut de certaines informations que vous publiez sur Facebook est calibré à « Tout le monde »« .

Sympathique. En à peine cinq ans, Facebook s’est employé à faire reculer le principe de la vie privée dans l’espace numérique. L’objectif est évidemment de rendre public un maximum d’informations, afin que les publicitaires, les annonceurs et les marques puissent puiser dans ce contenu et – à terme – proposer des publicités toujours plus ciblées, toujours plus personnalisées. Pas convaincu par le poids de mes mots ? Alors peut-être que le choc des photos sera plus parlant : The Evolution of Privacy on Facebook.

Comme vous le voyez, les réglages par défaut sont particulièrement bavards. Seules les informations de contact sont encore limitées à la sphère amicale (aux amis quoi). Même votre anniversaire est potentiellement visible par tous les membres du réseau social. Et pour le reste… le graphique est suffisamment parlant. Bien entendu, cette situation n’est pas immuable. Il suffit de faire un petit tour dans les réglages de votre compte et d’ajuster à votre guise les différents paramètres (soyez très attentif, car c’est le bazar pour s’y retrouver. Comme si l’arborescence des menus avait été pensée pour décourager les utilisateurs de venir modifier leurs paramètres… ;-)).

À côté de ce travail, l’idéal est de hiérarchiser vos amis en les répartissant dans des groupes plus ou moins restrictifs. Sans doute ne souhaitez-vous pas que vos collègues aient accès exactement aux mêmes informations que vos amis les plus proches ? Une bonne occasion également de faire le point sur le contenu que vous avez mis en ligne et sur les individus avec qui vous êtes ami (sont-ils tous vos amis ?).

En ce moment, des appels sont lancés pour quitter définitivement Facebook. Des projets alternatifs fleurissent, comme Diaspora. L’outil se veut l’antithèse de Facebook : décentralisé, respectueux de la vie privée, attentif aux utilisateurs. Pour ma part, je ne suis pas encore tout à fait disposé à partir du réseau social. Il faut bien reconnaitre que sa grande force est de retenir « en otage » tous vos contacts et tous vos amis. Et par la même occasion, en les retenant en otage, il me tient également. C’est inévitable, sauf si ces derniers partent en même temps que moi pour le même réseau (Diaspora ?).

En attendant, vous pouvez toujours procéder à un audit de vos paramétrages de confidentialité. Cela s’appelle Profile Watch, et il va balayer vos réglages. À la fin, il vous attribuera une note sur 10. Plus votre note est élevée, meilleur est votre réglage. Et je vous le donne en mille, j’ai 10 sur 10. Seuls mon nom et mon avatar sont accessibles publiquement (un réglage que j’ai choisi, évidemment). Et vous, quel est votre score ?

Photo : Facebook 2009 – CC BY-SA Matt McKeon

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