Dans le cas hautement improbable où un astéroïde croiserait la trajectoire de notre belle planète bleue, que devrions-nous faire ? Les films catastrophes ont souvent une réponse toute préparée : le feu thermonucléaire. Deep Impact ou Armageddon sont deux exemples parmi d’autres. Pourtant, cette astuce « scénaristique » a une viabilité scientifique. En effet, le site Space.com rapporte l’opinion de plusieurs spécialistes favorables à l’arme nucléaire pour se protéger. Et éviter par la même occasion une extinction massive.

Une simple charge de 5 à 10 kilotonnes suffirait à dévier et fragmenter un astéroïde, selon les dernières simulations en la matière. À titre de comparaison, les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki ont entrainé des explosions de 13 et 21 kilotonnes. À l’heure actuelle, la France dispose d’ogives nucléaires TN 75, capables de délivrer une explosion avoisinant les 110 kilotonnes. De quoi répondre à différentes menaces d’astéroïdes, qu’importe la taille. Et s’il est vraiment très gros, autant en envoyer plusieurs.

Évidemment, si un certain nombre de pays peuvent construire des armes nucléaires puissantes, encore faut-il avoir le vecteur nécessaire, c’est-à-dire le lanceur, pour pouvoir tirer efficacement un missile vers l’espace. Et frapper dans le mille. En l’occurrence, seuls les États-Unis et la Russie doivent pouvoir le faire. J’imagine mal la France, le Royaume-Uni ou la Chine avoir l’expérience technique d’une telle manœuvre. Toujours selon les scientifiques, un missile de 300 kilotonnes pourrait pulvériser un astéroïde large de 310 mètres environ.

Ceci étant, l’objectif est surtout de le toucher suffisamment tôt pour obtenir un simple écart d’un centimètre par seconde par rapport à la trajectoire initiale de l’astéroïde. Plus l’impact aura lieu tôt sur le chemin de l’astéroïde, meilleures seront nos chances de sauver la planète Terre. Et nos vies avec.

Et pour les débris, l’atmosphère et la dispersion consécutive de l’explosion devraient suffire à nous éviter l’équivalent d’un « tapis de bombes » à la sauce astéroïde. « Si vous l’interceptez 15 jours avant l’impact, ce qui représente une distance plus lointaine que l’orbite de la Lune, ce serait très bien« , selon David Dearborne, un physicien rattaché au laboratoire national de Lawrence Livermore, en Californie. « Cela suffirait pour disperser près de 97 % des débris« .

« Si vous le faites à environ 160 millions de kilomètres de la Terre, cela ne devrait plus être un problème« , selon David Morrisson, le directeur du Lunar Science Institute à la NASA et scientifique au centre de recherche d’astrobiologie à Moffett Field, en Californie. 160 millions de kilomètres, ça représente grosso modo deux fois la distance minimale des orbites de la Terre et de Mercure. C’est la proche banlieue quoi.

On remarquera que l’arme atomique a le vent en poupe ces derniers temps pour résoudre des problèmes aussi divers que variés. Mais quoiqu’il en soit, pour que ce plan fonctionne, encore faudra-t-il bien tirer le missile

Photo : Licorne – CC BY-NC-SA Pierre J.