Mind Overflow

Si vous ne voulez pas qu’on le sache, mieux vaut encore ne pas le faire

Christine AlbanelChristine Albanel - CC Soren

Alors que l’examen du texte Création Sanction et Internet est repoussé au 10 mars prochain, le groupe UMP emmené par Jean-François Copé a organisé ce matin une petite “sauterie” à l’Assemblée nationale en réunissant des élus, artistes et représentants des industries culturelles pour faire le point sur l’avancée législative du projet de loi, mais surtout pour convaincre les quelques voix discordantes au sein du groupe parlementaire de rentrer dans le rang. Ainsi donc était présent notamment Franck Riester (rapporteur du texte), Pascal Nègre (PDG d’Universal Music France, président du SNEP et grand connaisseur des réseaux), Frédéric Lefebvre (a-t-on encore besoin de le présenter ? On en sourit d’avance !), Christine Albanel (ministre de l’industrie culturelle la culture)  ou encore Françoise de Panafieu qui aura une sortie très intéressante sur la liberté, mais nous verrons ça plus tard. Bref point de débat ici, mais plutôt une espèce de réunion avant la bataille, avant les grandes manœuvres parlementaires.

Finalement que dire sur cette réunion ? Les industriels ont parlé des chiffres (qui se cassent la figure), les musiciens ont parlé du vécu (c’est pas facile tous les jours) et les politiques ont parlé de responsabilité (civiliser le web, taxer le web, filtrer le web). À part quelques voix discordantes ou plus nuancées (merci à Alain Suguenot et Lionel Tardy), ils ont tenu encore et toujours le même discours qu’on nous ressasse depuis Napster. Les internautes sont des hors-la-loi, les internautes sont pour le tout gratuit, les internautes ceci, les internautes cela. Vous allez voir, bientôt les internautes seront responsables de la crise économique mondiale.

Bon déjà, les internautes ne sont pas pour le tout gratuit. Depuis qu’Internet a connu son essor après les années 2000, la tendance est plutôt vers la réduction des intermédiaires entre l’artiste et le consommateur/client/internaute. Je suis persuadé que beaucoup d’entre nous seraient plus volontaires à rémunérer directement l’artiste à un prix honorable. Les exemples de Radiohead et Nine Inch Nails sont très révélateurs d’ailleurs : alors que les deux groupes offraient gratuitement leurs dernières créations à télécharger, les internautes ont acheté massivement leur albums musicaux. Je ne me souviens plus pour NIN, mais dans le cas de Radiohead, l’internaute pouvait fixer librement son tarif, et c’était souvent bien au-dessus de ce que peut toucher un artiste lambda dans le système actuel. Là, un euro payé sera bien un euro récupéré par l’artiste donc.

Ensuite, l’autre chose que nos chères têtes pensantes n’ont pas bien saisi, c’est que free ne s’entend pas uniquement par le tout gratuit débridé et aveugle. Il faut aussi saisir son autre sens, libre. Libre de choisir ses artistes, ses musiques et plus largement, pour l’artiste dans ce cas-là, libre de choisir la façon de distribuer ses créations, ne plus être soumis au diktat des radios (vous savez, les titres qui parviennent tant bien que mal 2:30′…), des plans marketing ou d’une quelconque obligation de “politiquement correct” sous peine de ne plus être programmé sur les ondes ou invité à la télévision. En aparté, ceci s’applique aussi aux logiciels et compagnie !

Hormis les expériences de NIN et Radiohead, qui restent de l’ordre de l’épiphénomène, d’autres solutions existent pourtant. La plus connue reste évidemment la licence globale qui est revenu dans le débat il y a quelques semaines à travers le Parti socialiste (la contribution créative). Déjà il y a trois ans la question s’était posée lors des discussions autour de DADVSI. Une solution éphémère puisque Renaud Donnedieu de Vabres a œuvré pour que cet aspect-là soit retiré du texte final. Dommage que Jean-François Copé, celui-là même qui a écrit un ouvrage Promis, j’arrête la langue de bois, ait oublié la solution de la licence globale en disant “À l’époque de la DAVDSI (2006), il n’y avait pas de solution alternative. Aujourd’hui on a des solutions”.

Au sujet de la licence globale d’ailleurs, l’expert en P2P qu’est Pascal Nègre estime  “cela reviendrait à doubler ou tripler l’abonnement actuel aux FAI“. D’une part, je serais curieux de savoir la source de ces chiffres, et d’autre part je vous renvoie à l’article de Numérama publié le mois dernier. Dans celui-ci, Pascal Nègre estime que l’objectif de la licence globale, si elle était acceptée et appliquée, serait de revenir au poids qu’avait l’industrie musicale il y a six ans, soit 1,5 milliards d’euros selon lui. Or faites le calcul. 30 euros par mois payés par 20 millions d’internautes abonnés au haut débit, c’est 7,2 milliards d’euros de collectés par an. Pour compenser 1,2 milliards d’euros, c’est 5 euros par mois qu’il faudrait prélever. On est loin d’un doublement ou d’un triplement de l’abonnement. Zéro pointé en maths. Le reste de l’article du même tonneau, avec des remarques juridiquement et économiquement fausses.

Si le refus de la licence globale par la plupart des intervenants ne me choque pas, en revanche j’apprécie moins les mensonges utilisés par les industriels pour émouvoir les parlementaires. Citons au hasard le président de Gaumont Nicolas Seydoux (et accessoirement président de l’ALPA - Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle) qui évoque une baisse de la fréquentation des salles… ho, comme c’est étrange, Médiamétrie indique justement une hausse de 6,2% d’entrées dans les salles françaises (188,8 millions) pour l’année 2008 ! En plus, le cinéma français dépasse, en terme d’audience, le cinéma américain avec une part de marché de 45,7% contre 44,5% pour le cinéma américain. Cela ne s’est pas produit depuis 22 ans. Roooh, ma malice me dirait bien que Nicolas Seydoux étant président de l’ALPA, il n’allait pas citer une réalité qui pourrait conduire éventuellement à la suppression de l’organisme… C’est marrant, mais je suis persuadé que malgré la crise, malgré une soit-disant piraterie généralisée les salles de cinéma ou de théâtre sont pleines, des concerts refusent du monde, les festivals ne désemplissent pas et les musées affichent des chiffres record.

Ca m’embête quand même que Nicolas et moi n’ayons pas les mêmes chiffres… qui croire ? Une société anonyme interprofessionnelle ou le président d’une structure dont la nature même est de lutter contre le piratage, et donc d’inventer des chiffres artificiels pour justifier son existence… roooh !

Bon, dans ma diatribe, saluons tout de même la fin des DRM et l’accroissement de l’offre légale que les différents participants ont acté et qui pénalisaient uniquement les pauvres bougres qui étaient encore honnêtes en achetant sur les plate-formes de téléchargement. Enfin, pour la musique, car les autres secteurs sont encore verrouillés de ces “MTP” (mesures techniques de protection) qu’on ne peut même pas légalement contourner, puisque selon cette bonne loi DADVSI sous peine de sanctions pénales. La claque, tu te la prends à l’aller (les MTP) et au retour (le pénal si tu contournes).

Un autre point qui m’a fait tiquer dans le discours de Copé, c’est son analyse sur une prétendue évolution générale de l’opinion publique vis-à-vis d’Internet. Selon lui, il y a une demande du public de réguler Internet. Honnêtement, j’ai pas l’impression que mon entourage exprime un désir profond de réguler Internet. D’avoir du boulot, d’assurer son avenir, ça je veux bien, mais personne ne m’a jamais parlé d’une envie d’un filtrage du web. Même si je suis dans un milieu assez technolophile de part mes études, ce qui pourrait fausser mon impression, je ne ressens pas ce désir populaire… Jean-François, merci de définir qui demande ça ( define("Demande_du_Public", valeur); ) x).

Décidément, il y en a des choses à dire ! Continuons donc notre petit tour de table, cette fois avec Jacques Fansten, président de la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques),  qui pour le coup a eu des propos pour le moins dramatiques (ok, j’arrête l’humour). À ces yeux, la coupure de l’accès à Internet “n’est pas une chose si grave“, Christine Albanel embrayant que “cela n’empêchait pas d’aller l’utiliser chez sa mère, sa copine ou sa grand-mère“. Et ils font comment les autoentrepreneurs travaillant avec le web comme outil de travail ? Et moi, pour mes études d’informatique ? Il faut que j’aille chez mon père, à 250 km de mon domicile ? Et en cas de collocation entre étudiants ? Et si on recherche un emploi ?

Frédéric Lefebvre aime se complaire dans la valeur du travail, concept qu’il nous ressort à tout bout de champ, surtout lorsqu’il a la possibilité de savater le PS en même temps. Le souci, c’est qu’Internet devient de plus en plus indispensable pour… travailler. Que ça soit scolairement, professionnellement mais aussi pour rechercher un emploi. Dans une période troublée par les agitations économiques, je ne crois pas qu’il soit de bon aloi de priver une personne d’Internet. Et si je ne crache pas sur la valeur travail, je me vois pas me taper 250 bornes pour me connecter chez mon père pour les beaux yeux de cette valeur.

Et puis bosser dans un cyber-café franchement…

La réunion de ce matin fut quand même l’occasion d’un désaccord (temporaire ! Haha, faut pas déconner non plus) entre les politiques et les industriels. À l’origine, il était question de modifier la fameuse chronologie des médias en réduisant l’écart séparant les différentes “fenêtres” (cinéma, sortie DVD, sortie VOD…) pour que le consommateur ne soit pas trop défavorisé face aux diffusions quasi-immédiates des biens culturels sur les réseaux P2P. Ni une, ni deux, Bertrand Méheut (président de Canal+ et l’ACP -Association des Chaînes Privées-) et Alain Terzian (président de l’UPF -Union des Producteurs de Films) sont montés au créneau pour signifier que c’était une mauvaise idée et qu’ils étaient fortement opposées à un rétrécissement des fenêtres. Le premier expliquant qu’il fallait entretenir une frustration d’attente chez le spectateur…

Frustration ? Ca ne vous rappelle rien ? Luc Besson avait utilisé un argument très sympathique à l’endroit des téléchargeurs, les qualifiant de “dealers”. Dealers, manque, frustration… décidément on reste dans un vocable très orienté vous ne trouvez pas ? Hmm… alors, finalement ce sont les spectateurs honnêtes qu’il faudrait maintenir dans un état de frustration, dans un état de manque ? Remarquez, Eolas l’avait entraperçu dans son billet pédagogique à l’égard de Luc Besson : car l’industrie du cinéma comme celle de la musique d’ailleurs, repose effectivement sur des comportements analogues à ceux des dealers : on crée un besoin pour hameçonner le client (bandes-annonce, matraquage publicitaire, clips alléchants sur toutes les chaînes visant le public cible) et quand il est accro, on l’oblige à payer pour l’assouvir (la place de cinéma à 10 euros, puis le DVD à 30 euros, le pay per view à 3 euros, sinon il y aura le passage à la télévision… financé par la pub ; la place de concert à 50 voire 100 euros, l’album à 25, la sonnerie à 2 euros, le single à 1 euro lisible sur un seul lecteur compatible). Sachant qu’une grande partie de la clientèle cible est mineure.

Et Frédéric Lefebvre d’ajouter, sans sourciller, pour rassurer ses compagnons d’armes : “on ne va pas dire dans la loi si c’est trois ou six mois !“.

Dans ce concert atterrant d’inepties, deux députés UMP, Alain Suguenot et Lionel Tardy, n’ont pas fait autant bloc autour des industriels que certains de leurs petits camarades. Le premier a déposé plusieurs amendements contre le projet Hadopi, soulignant qu’un “fond spécifique à travers Internet” (licence globale ?) pourrait financer la création. Dans le cas contraire, une nouvelle échéance risque d’être perdue, tout comme le fut en son temps la loi DADVSI. Lionel Tardy de son côté a jugé que la suspension de l’abonnement était “disproportionné” tout en s’interrogeant sur la nature de l’autorité issue d’Hadopi (pouvoirs judiciaires ou non ?).

Au fait, je vous avais promis l’exceptionnelle citation de Françoise de Panafieu dans ces échanges.

La voici, sans filet :

“La liberté, la liberté, les gens n’ont que ce mot-là à la bouche.”

Hé bien merci Françoise pour ce beau témoignage.

Je terminerai ce long billet par les mots de Jean Treccani, magistrat :

“Aujourd’hui, pratiquement tous les jeunes téléchargent des fichiers musicaux sans payer. On ne peut pas faire de tous des criminels. Un comportement pénalement répréhensible doit être un comportement marginal.”

Bientôt des DRM sur les vidéos flash

Publié par Soren le 3 mars 2009

Eliminate DRMEliminate DRM - CC Soren

Ha, ça fait plaisir de voir qu’Adobe et Time Warner ont tiré les bonnes leçons de l’expérience des DRM sur les fichiers musicaux. Non vraiment. Au point que les deux entreprises ont annoncé une nouvelle alliance stratégique pour non seulement diffuser du contenu au format flash sur Internet et les appareils mobiles, mais aussi pour insérer ces fameux gestionnaires des droits numériques. Soit disant pour “sécuriser les appareils connectés à Internet et fournir aux consommateurs des contenus vidéo où ils le souhaitent, quand ils souhaitent, de la manière dont ils le souhaitent” (avec les DRM, c’est mal parti pour “la manière”). Très malin quand on sait qu’ils ont été abandonné massivement sur les fichiers musicaux et qu’ils se révèlent être une vraie plaie pour un utilisateur.

Cette annonce est très regrettable, puisqu’elle tend à imposer un unique format propriétaire à terme (le flash) en délaissant des alternatives libres, et donc plus souples et évolutives pour l’utilisateur. Quand aux DRM, difficile de prédire autre chose qu’une disparition à un moment ou à un autre, puisque l’individu voit sa jouissance d’un fichier numérique limitée par des mesures techniques, tout comme les exceptions au droit d’auteur, à l’image du droit à la copie privée ou le droit à la citation.

Et le pire, c’est que la loi DADVSI interdit le contournement des DRM sous peine de sanction pénale.

Clap, clap, clap.

Comment transformer un consommateur lambda en pirate

Publié par Soren le 28 février 2009

Quand j’ai lu l’histoire de Mark sur TorrentFreak, j’ai inévitablement fait le rapprochement avec les avertissements présents sur les DVD commerciaux et les DRM qui ont empoisonné la vie des utilisateurs ces dernières années. Malgré un recul progressif des “mesures techniques de protection” (enfin, c’est surtout l’univers musical qui en est relativement débarrassé, parce que les DRM  sont encore bien présents sur de nombreux autres produits culturels numérisés), il y a toujours une tendance lourde dans l’esprit des industries culturelles, c’est de considérer le consommateur, le client comme un voleur potentiel. Et ce qu’ils ne comprennent pas, c’est qu’au lieu d’endiguer le piratage, ils ne font que l’attiser et le nourrir. En résumé, ces industries transforment un utilisateur en pirate en puissance.

Mais revenons à notre histoire.

Mark, donc, est un informaticien travaillant dans une petite entreprise. En plus de ses prérogatives habituelles, il doit également s’occuper des licences des logiciels utilisés pour que l’entreprise ne tombe pas dans l’illégalité, soit privée de mises à jour ou tout simplement pour qu’elle puisse bénéficier d’un éventuel support technique en cas de souci. Or récemment, la licence de PaperPort, un gestionnaire de numérisation de documents conçu par Nuance, devait être activée pour que le logiciel soit fonctionnel sur les ordinateurs de l’entreprise. Et pour libérer un autre slot d’activation, il était nécessaire de désinstaller l’ancienne version tout en suivant une procédure en ligne. Évidemment, comme la dans la majorité des logiciels licenciés requérant une activation en ligne, ça ne s’est déroulé tout à fait correctement.

Dans ces cas-là, quand le problème touche la licence elle-même, le mieux à faire est de contacter l’assistance technique. Or à sa grande surprise, Mark apprend que les techniciens de Nuance ne peuvent l’aider immédiatement ; il lui faut d’abord prouver qu’il possède une copie légale de PaperPort en fournissant notamment des photos du CD logiciel. Après avoir bataillé au téléphone pendant deux jours avec le support technique, sans parler de multiples envois de la photo des CD, Mark a finalement obtenu deux licences pour utiliser légalement PaperPort.

Agacé par la façon dont il a été traité par le support, Mark a contacté le chef de la direction (à l’américaine, on dit “CEO”) de Nuance, Paul Ricci, pour lui faire savoir que s’aliéner des clients de cette façon n’allait pas l’aider à vendre plus de logiciels.

Dear Mr Ricci,

Our company has been using your product for nearly a decade. We have estimated that it is safe to say we have spent $3000 over the years on your product. We are by far not the biggest customer but in today’s economy we think every customer counts. We recently bought several PaperPort 11 licenses which we have used. We have upgraded our computers and the procedure is to uninstall paper port (While online) in order to free a license for the new computer. Sadly this did not work. My efforts at consulting with your technical support department were very time consuming, confusing, and ultimately pointless. To my surprise, they wanted me to take a PICTURE of the CDs we have. As an IT professional, I found this archaic exercise in futility to be absolutely appalling. Not only do your anti-piracy methods completely fail (There is no known anti-piracy method that works to this day, anything can be downloaded) but they cost me; the legitimate customer time and frustration. Attached is the picture I had to send in. This is to let you know that we are completely disgusted with your company’s procedures, and are no longer going to do any business with Nuance.

Just to let you know, being a computer engineer, I can guarantee you these statistics:

Pirates Stopped = 0
Legitimate Customers totally alienated = Thousands.

You may want to take a look at your stock trends of late, Mr. Ricci. Perhaps this poor customer service MIGHT explain some of that.

Toutefois, l’histoire de Mark a connu un “happy-end” puisque le CEO de Nuance a transmis le courrier de l’informaticien au responsable commercial qui lui a répondu. Et dans un geste de bonne volonté, plusieurs licences pour PaperPort, PDF et OmniPage étaient offerts. Malgré tout, Nuance a reconnu son erreur et a bien réagi face à cet épisode qui aurait pu être fâcheux pour l’image de la société (EA en sait quelquechose avec le verrouillage excessif du jeu Spore). Mais combien d’autres utilisateurs dans le monde se retrouvent dans une situation identique ?

Finalement l’histoire de Mark est un problème symptomatique entrel les industries et les utilisateurs. À vouloir surprotéger à tout prix leurs biens, les différentes industries finissent par nuire directement au consommateur légal. Car s’il est légitime et compréhensible qu’une entreprise cherche à combattre le piratage frappant son commerce, cela doit se faire dans le respect du client qui paie le produit en allant dans le commerce. Dans le cas contraire, lassé de devoir rentrer des kilomètres de clés CD/DVD, d’activer le produit en ligne, de s’enregistrer sur le site officiel ou de subir une limitation drastique du nombre d’installations possibles, le client qui n’en sera plus un se tournera vers des solutions moins contraignantes.

L’exemple des DRM que j’ai cité plus haut dans ce billet est un autre exemple très parlant. En installant des mesures techniques de protection limitant l’interopérabilité et la manipulation du fichier musical, ce ne sont pas les internautes qui téléchargent illégalement qui ont été enquiquinés, mais bien les clients des plate-formes légales de téléchargement. Et bien souvent, en plus du cout et de la présence du DRM, le fichier était souvent encodé dans un format (mp3) et un débit binaire (128 kbps) on ne peut plus basique. De l’autre côté de la barrière en revanche, sur les réseaux P2P, le même fichier est disponible dans plusieurs formats, dont certains libres (Free Lossless Audio Codec, Ogg Vorbis), et dont les débits binaires sont sans commune mesure.

Et si finalement Internet était impossible à filtrer ?

Publié par Soren le 9 février 2009

DeniedDenied - CC Nooone

DADVSI, DMCA, EUCD, Hadopi… certains de ces noms vous sont certainement familiers et résonnent pour beaucoup comme une volonté des politiques de reprendre la main sur le réseau des réseaux, Internet. Pour bon nombre de nos dirigeants, Internet est vu comme une jungle, un far-west, une zone de non-droit où le pire côtoie le pire, du sabotage des industries culturelles jusqu’aux thèses du complot qui trouvent un écho important sur le web, en passant par la fin du “off” et l’émergence d’un véritable contre-pouvoir qui est une menace directe pour l’establishment et le mainstream. Et forcément, nos chers gouvernants ne sont décidément pas enclins à nous laisser trop de liberté, puisque cela remettrait en cause leur pouvoir et leur statut au profit de l’émergence d’un véritable pouvoir démocratique et citoyen.

D’où la volonté de mettre de “civiliser” Internet, bien souvent en utilisant des arguments imparables et qui remportent naturellement l’adhésion de tous : lutte contre le terrorisme, contre la pédopornographie, j’en passe et des meilleurs…

Alors, le web est-il menacé ? Va-t-on voir apparaitre des mesures de filtrage dans nos démocraties ? Rien est moins sûr comme le souligne le rapport d’Ipoque, le leader européen dans la fourniture de matériel d’espionnage et de filtrage de contenus Internet. En effet, l’entreprise, qui a l’habitude de travailler avec les institutions, les entreprises et les FAI, a rendu public un document qui ne fait décidément pas l’éloge de son travail.

Passant en revue les différentes méthodes de filtrage (blocage DNS, filtrage URL, injection de fichiers “fakes”, tatouage numérique, DRM, détecteurs…), Ipoque dresse un constat pour le moins inattendu venant d’une entreprise spécialisée dans l’espionnage et le filtrage : il est impossible techniquement de filtrer Internet. Et donc, n’ayons pas peur des mots, de le censurer. Et la lutte contre l’échange de fichiers protégés par les droits d’auteur semble toujours plus illusoire…

Vous me direz, pourquoi donc Ipoque juge-t-il la censure du net impossible ? Hé bien les politiques ont tendance à croire qu’Internet est un support “stable” comme pourrait l’être la télévision ou la radio. Or, le réseau évolue sans cesse, les usages se modifient chaque jour, les développements technologiques sont constants. Il est donc irréaliste de mettre en place des mesures qui ne sont finalement pas adaptées à la nature de ce qu’est le web.

Pour avoir en détails le rapport d’Ipoque sur chaque technique de filtrage, je vous invite à poursuivre la lecture sur le billet de ReadWriteWeb, un rapport souligne l’ineficacité des mesures de filtrages à venir sur le web.

iTunes : plus de DRM, mais les fichiers restent traçables

Publié par Soren le 13 janvier 2009

“Même si les fichiers iTunes Plus n’ont pas de protection contre la copie, ils contiennent l’adresse mail que vous avez renseignée dans iTunes. Du coup, bien que vous puissiez les partager avec des amis ou votre famille, si ce que vous avez acheté fini, par exemple, sur les réseaux de partage, on pourra remonter jusqu’à vous. “

Nate Lanxon, journaliste CNET, iTunes Plus : everything you need to know.

Ces dernières semaines ont été éprouvantes pour Electronic Arts. Conspué pour avoir développé un système de DRM beaucoup trop contraignant, EA a tenté de la jouer "entreprise à l’écoute des clients" en assouplissant quelque peu sa politique coercitive qui pénalisait surtout les joueurs "légaux" en fait.

Au lancement du jeu, Spore autorisait trois installations maximales du jeu et limitait l’accès à un seul compte. Si plusieurs personnes souhaitaient jouer, il fallait autant de boites que de joueurs. Cela a hérissé les joueurs qui ont descendu en flèche le jeu, notamment sur Amazon qui n’a reçu qu’une étoile. Une class-action est même en cours aux Etats-Unis à cause de ce problème de DRM.

piracyjq1

Et si EA estime n’avoir fait aucune erreur avec son système de protection, tout en déchargeant la responsabilité sur les épaules des pirates, l’entreprise a néanmoins reconnu qu’une copie téléchargée illégalement sur Internet n’est pas une boite invendue en magasin en magasin. En aucune façon. Cela signifie donc qu’EA reconnait que la copie illégale n’a pas d’incidence sur les ventes du jeu puisque rien indique que l’internaute aurait acheté le jeu dans une boutique.

C’est d’ailleurs une employée d’EA, Mariam Sughayer, qui l’indique : "Stepping aside from the whole issue of DRM, people need to recognize that every BitTorrent download doesn’t represent a successful copy of a game, let alone a lost sale". (traduction rapide : en mettant de côté la question des DRM, il faut reconnaitre que chaque téléchargement BitTorrent ne représente pas une pleine copie d’un jeu et encore moins une perte de vente).

- Via -

Entracte 58

Publié par Soren le 2 septembre 2008

CSS contents and compatibility, sur Quirksmode : alors d’accord, les navigateurs se mettent à jour, modifient leur look, amènent de nouvelles fonctionnalités et une sécurité renforcée. Ok, c’est très bien. Mais quand est-il du respect des standards web, en particulier pour le CSS ? Ce site permet de faire un point pour les navigateurs suivants : IE 5.5, IE 6, IE 7, IE 8 beta 2, Firefox 2, Firefox 3, Safari 3.0 Win, Safari 3.1 Win, iPhone 3G, Opera 9.51, Konqueror 3.5.7. Très instructif !

Notez d’ailleurs qu’en plus des questions des sélecteurs et déclarations des versions 2.1 et 3.0 du CSS, le site web propose d’autres pages menant à différentes thématiques : quirks mode and strict mode, CSS hacks, conditional comments, clearing floats, MSCSS scrollbar colors, backgrounds et grid. Un peu technique pour les non-initiés, je l’admets bien volontiers.

Fractal art : complex and beautiful color insipiration, sur Colour Lovers : après l’effort (voir le lien plus haut =P), le réconfort. Lorsque l’art succombe à la magie des fractales, le résultat est un régal pour les yeux.

Russie : Poutine neutralise une tigresse, sur Le Figaro : Hé bien, la formation du KGB FSB est pas dégueulasse du tout ^^’. D’autant que le bonhomme était un haut-gradé, lieutenant-colonel il me semble. Et c’est également un expert en arts martiaux par dessus le marché ! Poutine, for the win ! (ok, la rime est nulle) Le Nouvel Observateur en parle également.

Universal Music abandonne les DRM sur tout son catalogue, sur Numérama : et il y a un an, Pascal Nègre avait ses certitudes à propos des DRM…et des métaphores tout à fait étranges… sans parler de sa grande connaissance du peer-to-peer qui nous expliquait qu’un fichier récupéré depuis le Japon mettait trois jours à arriver chez nous (hahaha). Enfin, cet abandon est une excellente nouvelle…pour ceux qui achètent de la musique numérique ;).

64 incredible aerial photos you must see, sur 640 pixels : il y a peut-être un petit côté "La Terre vue du ciel" de Yann Arthus-Bertrand :). Comme toujours, un régal pour les yeux.

Microsoft tance Google sur la confidentialité, sur Clubic : L’hôpital se fout-il de la charité ? Peut-être ! En tout cas Peter Cullen, le responsable de la stratégie de confidentialité de la firme de Redmond, semble bien décidé à relancer un débat qui est d’importance pour un certain nombre d’internautes…dont je fais parti.

Négocié secrètement en 2007, un accord initié par les Etats-Unis et discuté avec quelques pays riches dont l’Union Européenne pourrait être discuté au G8 en juillet prochain. L’accord doit renforcer encore la protection des droits de propriété intellectuelle en visant notamment les sites qui, réalisés sans but lucratif, facilitent le piratage.

Nous avions expliqué à l’occasion de la récente ratification du traité OMPI de 1996 par le Parlement français comment les lobbys du droit d’auteur étaient parvenus à tricoter minutieusement une pyramide législative internationale très difficile à détricoter.

Le principe est simple. Les industries du cinéma et de la musique américaine commencent par aller voir leur gouvernement pour plaider leur cause, lequel active ses diplomates pour discuter avec quelques partenaires privilégiés d’accords multilatéraux de protection de la propriété intellectuelle. Après quelques négociations entre nations où l’économie immatérielle est forte, un traité est rédigé, et proposé à l’adoption internationale. Les autres pays, s’ils veulent garder de bonnes relations commerciales avec les États-Unis, sont fortement invités à signer. L’Union Européenne signe en général sans difficulté, et engage ainsi l’ensemble des pays membres, en général via une directive européenne qui reprend les grandes lignes du traité. Les députés nationaux, placés devant le fait accompli, n’ont pas d’autre choix que de transposer en droit national l’accord imposé au niveau international. C’est ainsi que la loi DADVSI de 2006 transpose une directive européenne de 2001 qui elle-même transposait les accords OMPI de 1996 signés par l’Union Européenne.

Voici qu’un nouvel exemple nous arrive cette semaine. Le site Wikileaks vient de révéler le contenu d’un accord négocié en secret par les États-Unis, la Commission européenne, le Japon et la Suisse (ce dernier probablement moins pour son poids commercial que parce que l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle a son siège à Genève). D’autres pays comme le Canada, l’Australie, la Corée, le Mexique et la Nouvelle Zélande participent aux discussions. Aucune des puissances en développement comme la Chine ou le Brésil ne sont parties prenantes aux pourparlers.

Cet Accord de Commerce Anti-Contrefaçon (ACTA) vise à établir un "standard commun" pour la défense des droits de propriété intellectuelle, notamment sur Internet. Dans un premier temps, l’accord est négocié et finalisé par les quelques pays invités à discuter avec les États-Unis. Une fois le texte définitif adopté par le club des pays invités, les autres ne pourront pas changer une virgule. Ils seront incités à signer pour garder de bonnes relations commerciales avec les initiateurs du texte.

Assez flou, le document de travail révélé par Wikinews dévoile les grandes lignes de l’ACTA, qui se fonde sur trois piliers : renforcer la coopération internationale dans la lutte contre la contrefaçon, définir les "bonnes pratiques" de protection des droits notamment en coordination avec les titulaires de droits, et établir à nouveau un "cadre juridique fort et moderne pour amener efficacement les contrefacteurs et les pirates devant la justice".

Dans ce dernier pilier, une clause a retenu particulièrement l’attention. Elle prévoit de considérer comme une infraction pénale le fait de faciliter le piratage "sans intention commerciale d’une ampleur telle qu’elle affecte de façon préjudiciable l’ayant droit". Wikinews considère que cet engagement vise directement les sites pirates comme The Pirate Bay, mais qu’il pourrait aussi se traduire par des lois qui limitent drastiquement la possibilité pour la presse de parler du piratage et des sites pirates librement. Contre The Pirate Bay qui prévoit de déployer ses serveurs à l’étranger dès qu’il sera éventuellement fermé, l’accord prévoit aussi d’accorder aux Etats une sorte de compétence judiciaire universelle en matière de piratage, quel que soit le lieu de résidence de l’ayant droit ou le lieu de l’infraction présumée.

Parmi les autres engagements qui ont retenu notre attention, l’Accord prévoit de renforcer les possibilités d’imposer le filtrage de contenus aux fournisseurs d’accès à Internet, et de faciliter la possibilité pour les titulaires de droits d’obtenir très rapidement des FAI l’identité d’un internaute suspecté d’avoir contrefait des œuvres. L’ACTA veut aussi renforcer encore la protection des DRM et la lutte contre les dispositifs de contournement des mesures techniques de protection anti-copie.

- Article provenant de Numérama -

Ca n’est plus un étau, c’est une mâchoire aux dents d’acier qui est en train de se refermer sur la taxe pour copie privée, et surtout sur la façon dont est déterminée son montant. Le Premier Ministre lui-même est monté au créneau pour dénoncer la Commission copie privée qui ne serait pas "objective et transparente". Enfin !

Ce sont deux petites lignes dans la lettre de mission signée par François Fillon et adressée à Eric Besson, mais deux lignes lourdes de sens pour l’industrie culturelle et pour la commission d’Albis, qui est en charge de définir l’assiette et les montants de la taxe pour copie privée : "les modalités de décision en matière de rémunération pour copie privée méritent d’être examinées afin de disposer d’une procédure objective et transparente". A contrario, la phrase implique que le fonctionnement actuel de la Commission n’est ni objectif ni transparent dans les yeux de François Fillon.

Il aura fallu attendre que la corde casse à force d’être tirée à pleins bras par l’industrie culturelle pour que le gouvernement admette enfin l’évidence. Les représentants des industriels et une partie des représentants des consommateurs ont décidé en début d’année de claquer la porte de la Commission d’Albis, en critiquant son mode de fonctionnement et son hypocrisie.

En théorie, la commission est composée de façon équilibrée, avec pour moitié des représentants des bénéficiaires de la rémunération, pour un quart des représentants des fabricants et importateurs des supports d’enregistrement taxés, et pour un quart des représentants des consommateurs.

En pratique, c’est la devise "diviser pour mieux régner" qui plane au dessus de la Commission. Alors que deux sociétés de perception (la SORECOP et Copie France) se partagent 10 des 12 voix des bénéficiaires de la rémunération, ce qui leur permet de parler toujours d’un bloc, les 12 voix "opposées" sont éparpillées entre 10 organisations différentes qui n’ont pas forcément ni les mêmes points de vue, ni les mêmes intérêts à défendre. De plus, au sein-même du collège des consommateurs dont on s’attend à qu’ils protestent contre les hausses des taxes, des tensions existent. Alors que l’UFC-Que Choisir a depuis longtemps quitté son siège en signe de protestation, d’autres associations votent au contraire avec les sociétés d’auteurs, car elles estiment en toute logique que les auteurs et les artistes qui bénéficient de la rémunération sont aussi des consommateurs qu’elles doivent défendre.

La parité de la commission est donc un mythe beaucoup plus qu’une réalité statistique, et son fonctionnement est pour le moins obscur. Les documents de travail sur lesquels elle s’appuie en principe pour prendre ses décisions, par exemple, ne sont pas publiés.

La taxe augmente à mesure que le droit à la copie privée disparaît

De plus, depuis 2001, l’assiette et les montants de la taxe ont été révisés à la hausse à 10 reprises. La dernière révision du 27 février 2008 est venue ajouter à la longue liste des objets taxés les téléphones mobiles qui font aussi office de baladeur MP3 ou vidéo. On parle déjà de taxer l’ensemble des téléphones mobiles, et les disques durs internes destinés aux ordinateurs. Mais on a presque oublié que l’objet de la taxe est de compenser une pratique, celle de la copie privée.

Or depuis 2001, symétriquement, le champ législatif et jurisprudentiel de la copie privée n’a cessé de se réduire. La loi DADVSI est passée par là pour interdire la copie d’œuvres protégées par des DRM, et les juges suprêmes ont décidé de nier l’existence d’un droit à la copie privée, au nom de la protection des intérêts commerciaux des auteurs et des producteurs. Il est d’ailleurs impossible de se prévaloir d’un quelconque droit à la copie privée devant un tribunal. En théorie, la taxe pour copie privée ne peut s’assoir que sur des pratiques légales de copie privée. Le téléchargement, s’il reste illégal, ne peut pas être pris en compte dans le calcul de compensation sans entâcher la taxe elle-même d’illégalité.

Or là aussi en pratique, le piratage est largement pris en compte pour calculer la rémunération pour copie privée, puisque le téléchargement constitue l’essentiel des sources de transferts vers les baladeurs, disques durs et autres objets taxés. Sauf que jamais la commission et ses membres ne l’avouent, pour des raisons évidentes. Et personne jusqu’à présent ne leur demandait de compte. La rémunération pour copie privée vise à taxer d’une main une pratique qui est réprimée pénalement de l’autre.

Ca ne peut plus continuer, mais ça continuera au moins jusqu’à la fin septembre. François Fillon demande en effet à Eric Besson qu’il remette ses propositions "d’ici l’automne", ce qui donne encore le temps à la commission d’étendre la taxe à d’autres supports et d’augmenter les montants en l’absence des industriels et d’une partie des consommateurs. Et de s’enrichir sur une pratique dont la loi Hadopi va encore renforcer la pénalisation par la riposte graduée…

- Via -

Finalement, l’engouement à propos de Qtrax aura eu le même effet qu’un soufflé au fromage. Le buzz autour du service de musique numérique en ligne aura tenu jusqu’à hier. Puis finalement, tout est retombé hier et assez rapidement à vrai dire.

Qtrax

En clair, Qtrax se présentait comme un nouveau réseau P2P proposant du contenu entièrement légal et gratuit. En effet, la société -filiale de Brilliant Technologies Corporation- annonçait fièrement avoir conclu un accord avec quatre grandes industries du disque (Emi, Sony-BGM, Universal et Warner) afin de proposer un catalogue de…25 millions de titres !

Pour payer les majors, Qtrax expliquait se baser sur la publicité en ligne. Trop beau être vrai. D’autant que certains points n’étaient pas éclaircis : présence ou non de DRM, format des fichiers,

Au final, tout cela s’avère faux : les majors citées dans cette affaire ont démenti les déclarations de Qtrax. Aucun n’accord n’a été signé. Donc pour le moment, le service n’existe pas, puisque qu’ils n’en sont qu’au stade des discussions…

Et dire que Qtrax a levé un million de dollars pour annoncer son service.

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Vous savez, moi je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation. Moi, si je dois résumer ma vie aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres. Des gens qui m’ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée… Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l’interlocuteur en face je dirais, le miroir qui vous aide à avancer. Alors ce n’est pas mon cas, comme je disais là, puisque moi au contraire, j’ai pu : et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie… Je ne suis qu’amour ! Et finalement, quand beaucoup de gens me disent “Mais comment fais-tu pour avoir cette humanité ?”, je leur réponds très simplement, je leur dis que c’est ce goût de l’amour qui m’a poussé aujourd’hui à entreprendre une construction mécanique, mais demain qui sait ? Peut-être seulement à me mettre au service de la communauté, à faire le don, le don de soi...

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